« Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. » Ils ne nous appartiennent pas, et pourtant… L’éducation des enfants n’est pas chose aisée.

Pour personne. Familles dites « classiques », recomposées, toutes confondues.

Et jamais, de nos jours, nous ne nous sommes autant interrogés, autant remis en question dans notre façon de faire avec eux.

Il est vrai que parfois, il est plus facile de dire que c’était mieux avant, que nous ne bronchions pas, qu’il suffisait d’un seul regard pour nous figer.

Que cette génération est une génération dorée, qui ne connaît aucune difficulté, à qui tout tombe dans le bec. Que les enfants ne font aucun effort. C’est vrai. Mais dans les faits, ça ne l’est pas totalement.

En réalité, parler avec nos enfants peut être très salvateur.

Être toujours en désaccord avec eux, pointer sans cesse leurs erreurs, les malmener par la parole, leur faire un parallèle constant avec notre époque à nous, ne mène à rien, si ce n’est à scléroser davantage le dialogue avec eux.

Et s’il y a bien une chose que l’on a tendance à oublier, et qui pourtant est très, très importante, c’est que nos enfants ne nous appartiennent pas.

Ils appartiennent à Allah, tout comme nous Lui appartenons.

Il est évident que quiconque craint le Jour des Comptes, et la lourde responsabilité de cette tâche qui nous incombe à leur égard, à savoir leur éducation, peut et doit trembler à l’idée de rencontrer son Seigneur et d’être questionné.

« Chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de son troupeau […] et l’homme est un berger pour les membres de sa famille et il est responsable d’eux. »

Rapporté par Al-Boukhari et Muslim

C’est normal. Totalement légitime, et le contraire serait même inquiétant.

Mais cette préoccupation ne doit pas nous pousser à la tyrannie.

La puissance de l’invocation

Quand il m’arrive d’échanger avec des sœurs au sujet de l’éducation de nos enfants, qu’il s’agisse de filles ou de garçons d’ailleurs, il y a une chose qui revient souvent : ce sentiment d’être totalement dépassée par tout. Leurs émotions, leur caractère, leurs exigences, leur dureté parfois, et leurs addictions.

Qui est accro aux écrans, qui aux jeux vidéo en ligne, qui passe son temps devant le miroir à se maquiller, qui n’est pas assidu aux prières, qui ne veut pas porter son hijab… Faut-il pour autant les prendre pour ennemis, se les mettre à dos en évoquant sans cesse les dangers de la perte de temps et de la désobéissance à Allah ?

Et un jour, la parole d’une sœur sage, pendant une table ronde : « Avez-vous négligé la puissance de l’invocation ? »

« Trois invocations sont exaucées sans aucun doute : l’invocation de l’opprimé, l’invocation du voyageur, et l’invocation du parent en faveur de son enfant. »

Rapporté par At-Tirmidhi, authentifié par Al-Albani

Parce qu’en réalité, l’invocation est l’arme du croyant, et quelle arme, SoubhanAllah ! Pour autant, combien sommes-nous à en user et à en abuser ? Et quand on sait que l’invocation de la mère en faveur de son enfant est exaucée… Ya Allah.

Invoque, ma sœur. Que ta langue ne cesse d’implorer ton Seigneur pour qu’Il guide tes enfants et les préserve de tout mal. Qu’ils soient une source de fraîcheur pour toi, ici-bas et dans l’au-delà.

Pour t’y aider, nous avons réuni des invocations du Coran et de la Sounnah pour nos enfants, à télécharger gratuitement et à garder près de toi, in sha Allah.

L’éducation n’est pas manichéenne

On aurait tendance à croire que l’éducation est une histoire de binarité. C’est tout noir ou tout blanc.

Qu’il n’y a aucune nuance. Pire, que nos enfants sont voués à nous obéir au doigt et à l’œil, et que le contraire serait un échec total, une perte irréversible.

Par Allah, si l’éducation des enfants était aussi aisée, cela se saurait. Nous vivons à une époque où nos enfants sont stimulés de partout, martelés de messages contradictoires, fustigés parfois pour leur manque de culture, raillés à l’école pour leurs différences. Et je ne parle même pas de ces questions existentielles qui viennent secouer leur for intérieur durant l’adolescence.

L’enfant qui ne trouve pas en ses parents un socle solide, un soutien indéfectible, une oreille attentive, ira chercher ailleurs des réponses à ses questionnements. Bien souvent, elles seront biaisées, fausses, et ne feront que nourrir ce sentiment de solitude qui naît en lui. Le fossé avec sa famille deviendra de plus en plus béant, et la rue, l’extérieur, le net l’engloutiront à coup sûr.

Parler avec ses enfants, échanger sur tout, leur donner le droit de s’exprimer à la maison, c’est faire germer en eux ce sentiment qu’ils comptent, qu’ils sont des êtres à part entière. Qu’ils sont importants aux yeux de leurs parents, mais auprès d’Allah aussi.

Un enfant qui est respecté et qui respecte ses aînés apprendra aussi, progressivement, à comprendre la valeur de l’obéissance au Roi des rois, à Celui qui ne meurt jamais. On a tendance à l’oublier, mais l’obéissance dans le foyer, dans ce noyau sécurisant et fermé, participe aussi à l’apprentissage de la crainte du Très-Haut.

« Et ton Seigneur a décrété : “N’adorez que Lui ; et marquez de la bonté envers les parents.” »

Traduction rapprochée du sens du verset 23, sourate Al-Isra
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Les bienfaits de l’amour dans l’éducation

« Je suis ta mère, je suis ton père, tu dois m’obéir ! »

En principe, c’est vrai. En théorie, oui. Mais en pratique, la réalité est tout autre.

Bien évidemment, on voudrait que nos enfants soient dociles, qu’ils ne rechignent jamais à faire ce qu’on leur demande, qu’ils obéissent au doigt et à l’œil, comme on dit.

Cela me fait penser à un échange avec une amie. Alors qu’elle évoquait avec une sœur un problème avec l’un de ses enfants, cette sœur lui a demandé :

« Ma sœur, tu veux que ton enfant soit ton animal de compagnie ? Tu as fait des enfants ou des animaux ? »

Et c’est une chose que l’on oublie souvent. Ils ont un cœur, des sentiments, des ressentis, des pensées, des idées, des choses à dire aussi. Alors, bien évidemment, notre trame, c’est le Coran et la Sounnah, nous avons notre ‘aqida, et personne ne niera cela. Mais débattre avec ses enfants du quotidien, de leur vision de la vie qui peut être différente de la nôtre, n’est en rien un mal, ni pour eux ni pour nous. Tant que cela ne vient pas ébranler leur foi. Tant que cela ne vient pas entacher leur croyance.

Le tout est d’accueillir ce qu’ils ont à nous dire avec amour et bienveillance. Savoir être ferme aussi, poser un cadre bien évidemment, mais donner de l’amour, encore et encore. C’est un moteur, un carburant que nous négligeons trop souvent.

Les savants, ces héritiers des prophètes

Il y a un rappel qui m’émeut toujours autant. Et par Allah, j’ai beau l’avoir regardé des dizaines de fois, les larmes coulent toujours. C’est celui de l’éminent Cheikh ‘Abd Ar-Razzaq Al-Badr, qu’Allah le préserve, qui parle des enfants de la communauté avec un tel amour, une telle bienveillance, une telle miséricorde.

(Pour écouter le rappel : clique ici.)

Je me suis permis de le partager ici avec toi, pour que tu puisses en profiter à ton tour.

Les temps sont durs. Cette époque est difficile, c’est pourquoi nous devons donner davantage d’amour à nos enfants et nous montrer encore plus doux et plus cléments avec eux.

Lâche un peu la bride

La bride… Je sais, le mot est un peu fort. L’éducation des enfants n’est pas une mince affaire : il faut savoir jongler avec la fermeté, la douceur, et le taghafoul aussi.

Le taghafoul, c’est le fait de fermer les yeux sur certaines choses, certaines maladresses, certaines bêtises. C’est feindre de n’avoir rien vu, par noblesse de caractère et pour préserver la relation avec l’autre. Et si c’est un comportement qu’il faut adopter avec autrui, que dire alors de sa progéniture ?

Être constamment sur le dos de ton enfant, de ton ado, ne portera pas forcément ses fruits. En tant que croyants, nous devons bien évidemment leur faire le rappel, car Allah dit dans Son Noble Livre, dans la sourate 51, verset 55 (traduction rapprochée du sens) :

« Et rappelle, car le rappel profite aux croyants. »
وَذَكِّرْ فَإِنَّ الذِّكْرَىٰ تَنفَعُ الْمُؤْمِنِينَ
Wa dhakkir fa-inna adh-dhikra tanfa‘u al-mu’minin

Sourate Adh-Dhariyat, verset 55

Mais il faut le faire subtilement, avec sagesse, et pas à chaque erreur.

Ton enfant ne prie pas, ta fille ne met pas le hijab, tu as un enfant qui ment beaucoup, un autre qui vole…

Peu importe le défaut de l’enfant, le rappel doit être fait avec délicatesse. En invoquant abondamment Allah d’abord. Puis en offrant, par exemple, un joli tapis de prière, un beau châle, un beau hijab. En laissant tourner à la maison un rappel pour que tout le monde en profite. En discutant aussi. Beaucoup. Jamais en pointant du doigt l’enfant, toujours avec cette volonté de le ramener vers Allah, par amour pour Lui.

Je ne voudrais surtout pas que tu croies que cet article est moralisateur. Vraiment pas. Je pense que c’est un sujet important dans la communauté, et qu’il est bon d’en parler.

N’oublie pas de télécharger les invocations du Coran et de la Sounnah pour tes enfants, et de les garder à portée de main.

D’ailleurs, dis-moi toi, que penses-tu de tout cela ?

Rencontres-tu des difficultés avec ton enfant ? Aurais-tu des conseils à donner à nos lectrices ? Je te lis avec intérêt.

Qu’Allah guide nos enfants et les préserve de tout mal.

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