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Contes algériens : le lion et la porteuse de bois

Oum Ismail
Rédigé par Oum Ismail
couture juillet

Contes algériens ? Oui, Avenue des sœurs vous présente une nouvelle série d’articles. Des textes pas comme les autres, dans une rubrique particulière dédiée aux Ummi and… leur tribu. Aujourd’hui, nous vous offrons donc la première version d’une série de contes assez courts pour donner à réfléchir en rimes, ou en prose, mais en tous cas, en poésie.

Prêtes pour ce premier conte mettant en scène nos amis les animaux ?

Conte algérien, une version imaginaire tirée d’une histoire populaire algérienne

La vieille dame et le lion

Habra était une vieille dame qui avait pour habitude de ramasser du bois pour se réchauffer le soir. Vivant seule, elle n’avait personne pour l’aider. Chaque matin, sa hache sur le dos, elle prenait le même chemin à travers la forêt, de longues heures durant, pour récupérer son bois. Et chaque matin, aussi, elle rencontrait le même personnage : 3Ami le lion.

Spectateur du pénible labeur de la dame porteuse de bois, il ne pouvait rester. C’est pourquoi, tous les matins, il acceptait de l’aider à porter. Sur son vieux dos, le lion, tête baissée, ramenait les nombreux fagots jusque devant le porte de Habra. Tranquillement il repartait, sans rien demander.

C’était devenu une nouvelle habitude pour 3Ami le lion et la vieille dame. Timidement, sur la route, ils discutaient. Les matinées de plus en plus resplendissaient de cette nouvelle amitié. Jusqu’au jour où Habra osa poser à 3Ami le lion une question.

Une question qui en dit long, un geste plein de sagesse

Ya 3Ami le lion, je ne sais comment te remercier, pour tous ces moments de ta journée sacrifiés à porter à mes côtés ! Dis-moi ce que je pourrais faire ?

Je ne fais pas cela à la recherche de quelque récompense. La satisfaction de mon Créateur me contente, dit le lion avant de s’éclipser.

Tous les matins, le poids du courageux travail du lion sur la vieille dame pesait. Sans savoir comment le féliciter, elle continuait à se joindre à lui en discussion pendant les trajets. Et le vieux lion de continuer à lui répondre timidement.

C’est vrai que tu es courageux, fort, et que jamais tu ne te plains, si seulement, quand nous discutons, ton haleine sentait bon…

A ces mots, 3Ami le lion, s’arrête. Il réfléchit et reprend chemin jusque devant la maison. Là, il pose les fagots de bois, durement portés sur son échine courbée. En se remémorant les longs mois passés à soulager la peine de sa voisine, la dame porteuse de bois, il se redresse et, change sa voix.

Habra, prend ta hache et frappe-moi au front ! lui ordonna-t-il, les sourcils froncés et le ton sec.

Comment pourrais-je, ya 3Ami le lion ? Pourquoi me demandes-tu cela ?

Un geste excessif, une sagesse qui vaut mille paroles

Le lion avance, insiste pour que la dame s’exécute, la menaçant de ses dents. Elle ne trouve pas d’autre choix que d’obéir et, la peur au ventre, de rentrer chez elle.

Les jours passèrent et 3Ami le lion semblait avoir disparu. Les deux porteurs de la forêt ne se croisaient plus.

Un matin, pourtant, Habra surpris sur son chemin le vieux lion qui hier était encore était son meilleur compagnon. Sans même vouloir s’excuser ou lui demander pardon, la vieille dame crut, le sourire au lèvres, que peut-être les beaux jours étaient revenus pour elle.

Habra, Ya Habra, les blessures sur la peau jamais ne durent mais les injures, dans la mémoire d’un vieux lion, perdurent.

Un tendre cœur prêt à aider, et un compagnon de route exemplaire depuis ce jour l’avaient quittée.

Les animaux dans les contes parfois nous suggèrent le bon comportement. Si tu as trouvé cette histoire courte intéressante et que tu en veux plus, n’hésites pas à nous faire part de tes suggestions.

Mais en attendant la suite, as-tu trouvé la morale ou la thématique de ce conte ? Réfléchis et dis-nous ton avis en commentaires.

A propos

Oum Ismail

Oum Ismail

Maman de 5 enfants, dont une petite dernière instruite en famille, je suis aussi auteure de contes et rédactrice. Vous pouvez retrouver mon parcours et mes livres sur mon site www.mes-id-mots.com.

9 Commentaires

    • Wa alaiki salam, et barakAllaho fiki pour ton retour ma soeur. Tu peux les lire ici chaque mois. Celui-ci était le premier.
      Sinon, tu peux aller faire un tour sur mon site inchaAllah Mes-id-mots.com

      Bonne lecture à toi sur Avenue des soeurs et n’hésite pas à partager.

  • Salam
    Très belle initiative et très beau conte ma cha’Allah 😊
    Ça me rappelle mon enfance, on apprend beaucoup et bien à travers les contes d’ailleurs nos grands parents eduquaient par le conte et les proverbes qui généralement étaient synchrones avec les valeurs religieuses.
    Pour ce conte là je ne connaissais pas l’histoire mais je connais parfaitement la réplique qui m’a été enseignée par ma mémé « Sabra ya Sabra! Dharbet essyf tabra w dharbet el’lsèn ma tabra »
    صابرة يا صابرة ! ضربة السيف تبرا و ضربة اللسان ما تبرا  »
    Pour dire qu’il faut faire très très attention à ce qu’on dit car on peut blesser autrui sans s’en rendre compte et cette blessure morale, contrairement à la blessure physique, tarde à guérir voire ne guéri jamais !

    On en a tellement besoin ces jours-ci où les gens disent et font n’importe quoi, Allahou elmousta3an !

  • BarakAllahoufikoum pour ce conte merveilleux avec de très bon rappel, a bonne entendeur!!Sa nous rappel les histoires de nos grands parents. Superbe idée en tout cas. KAllah facilite toute votre équipe

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